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LES SERIES TELE DANS LE MONDE

L'impérialisme culturel des telenovelas en Afrique subsaharienne

La problématique des séries télévisées dans le monde était au centre d’un colloque international à l’université du Havre du 15 au 17 juin 2011. A la fois pluridisciplinaire et interdisciplinaire, l'initiative de Sarah Hatchuel (université du Havre) et Sylvaine Bataille (université de Rouen) traitait, sous divers prismes, les notions d' « échanges », de « déplacements » et de « transpositions ». L’occasion pour Patrice Correa, docteur en Sciences de l'Information et de la Communication, par ailleurs membre de l'association Médiasfrères, de proposer un regard original sur la place de ces concepts dans les dispositifs télévisuels africains.

Absence de politique publique de programmation

Dans sa communication, Patrice Correa a mis l'accent sur l'impérialisme culturel des telenovelas en Afrique subsaharienne, dans un contexte où la télévision souffre de l’absence d’une véritable politique publique de programmation. Il a notamment démontré comment le vide de la programmation dans ces pays a facilité une sorte d' « invasion » des industries culturelles étrangères et surtout des telenovelas sud-américaines trente ans après la déclaration du « Nouvel ordre mondial de l’information et de la communication » (NOMIC). Une analyse qui repose encore une fois la question de l'orientation du média télévisuel dans un monde où chaque société se construit une identité réelle en s’appuyant sur la puissance de l’image. Plusieurs aspects, sous diverses approches, ont été explorés par les participants. Il s'agit précisément des dimensions linguistiques, narratives ou historiques qu'impliquent les trames des séries télévisées, des significations politiques des récits et des contenus, des tonalités idéologiques des messages qu'elles véhiculent ou encore des interprétations socioculturelles et des dynamiques spatio-temporelles de notre époque à travers la mise en scène de faits historiques ou imaginés.

Télévision et mutations sociales

Toutes les contributions ont révélé la façon dont des générations d’individus à travers le monde sont marquées par la télévision. Qu’il s’agisse des expériences d’Amérique du Nord, d’Amérique Latine, d’Europe, d’Asie ou d’Afrique, le constat est que la télévision a permis d’accélérer des mutations et représentations dans nos sociétés. L'apport des littéraires, des philosophes, des linguistes, des cinéastes, des anthropologues et des spécialistes de l'information et de la communication a enrichi les débats.

Certains exposés, comme ceux de Sarah Hatchuel, Sylvaine Bataille, Shannon Welles-Lassagne, Donna Andréolle, Arnaud Brennetot, Amandine Prié ou Bertrand Pleven ont mis en exergue la particularité des séries anglaises et/ou américaines, et notamment, leur rapport aux sociétés concernées. D'autres s'efforçaient d'examiner l'originalité des séries françaises - à l’instar des interventions de Marine Legagneur et Marie Tréfousse... Les problématiques sociétales modernes que posent les telenovelas en Amérique Latine (Erika Thomas, Clémence Strédel) et dans les Antilles (Eliane Wolff) étaient également au cœur des discussions.

De manière générale, le colloque du Havre a permis de cerner les enjeux des séries télévisées dans le monde et de rappeler l’urgence de mettre en place des politiques publiques de télévisions qui prennent en charge les rêves des populations africaines encore à la merci des flux médiatiques exogènes.

P.C

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